jugurta

"On n'habite pas un pays, on habite une langue". Cioran

03 octobre 2009

Un coeur intelligent

J'ai terminé Un cœur intelligent, le dernier essai d'Alain Finkielkraut. Un livre éblouissant de justesse, de mesure et redonnant à la littérature ses lettres de noblesse.

Il n'y a pas grand chose à dire sur cet ouvrage. Celui qui en parle le mieux est son auteur, ici en vidéo.

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20 septembre 2009

Féeries anatomiques d'Onfray

C'est en lisant Nous autres, modernes de Finkielkraut que j'ai eu envie de lire Féeries anatomiques de Michel Onfray. C'est aussi grâce aux conseils d'amis que j'ai voulu en savoir plus sur cet auteur.

Mais, après la lecture de ces 300 pages, je suis sorti de cet essai groggy. Un peu hébété par la vision "totalisante" d'une science qui ne serait qu'au service des désirs individuels. Une sorte de libéralisme égo-centré sans limites aucunes. De l'avortement à l'euthanasie en passant par le clonage, Onfray fait l'apologie de la technique.

Si celle-ci est bien maitrisée et si des individus le souhaitent, elle peut les aider à se dépasser, voire se transformer.Le tout étant que l'on se débarrasse, pour l'auteur, de l'emprise encore trop pressante du monothéisme en général, et du judéo-christianisme en particulier.

Un livre, intéressant à lire, pour comprendre une vision du monde aujourd'hui en phase, quoi qu'en dise l'auteur, avec la société du paraitre. Une société qui a mis l'individu au centre, où ses désirs sont des droits, où sa liberté n'est plus que caprice quand elle est amputée de son binôme, la responsabilité...

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21 août 2009

Le juif imaginaire

Il y a des livres dont on ne sort pas indifférent. Le juif imaginaire d'Alain Finkielkraut en est un.

Une impression de sérénité sourd à la lecture de cet essai écrit en 1981. Cet état serein que l'on s'échine à vouloir atteindre, ce premier pas vers la sagesse.

Le juif imaginaire peut parler à tous ceux qui ont une double identité. Finkielkraut montre comment il a porté cette identité en étendard. Lui qui est né de parents non français avec une culture juive distincte de ses petits camarades, pensait qu'il pouvait "faire l'intéressant" en se réclamant d'un peuple meurtri.

Il montre durant ses deux cent pages comment s'affranchir du paraître pour simplement être. il remonte aussi aux sources de la question juive et démontre l'absurdité de l'antisémitisme et de l'un de ses avatars post moderne l'anti-sionisme radical déjà présent il y a presque trente ans.

Un livre encore une fois nécessaire.

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12 juillet 2009

Nous autres, modernes d'Alain Finkielkraut

Dernier livre lu dans l'avion, "Nous autres, modernes" d'Alain Finkielkraut. Un essai regroupant quatre leçons sur la modernité : d'où nous vient cette idée, qu'est-elle devenue, quels atours revêt-t-elle aujourd'hui?

Comme souvent avec Finkie, c'est magistralement écrit, argumenté, et convaincant. Ces leçons ouvrent des perspectives nouvelles et comme tout bon essai il donne à comprendre une notion, un concept mais permet aussi d'aller plus loin, de vouloir enrichir une réflexion par définition jamais arrêtée.

Des origines de la modernité, située à la renaissance, à notre postmodernité, Finkie en "mécontemporain", explique entre autre, que s'affranchir de toute tradition c'est se couper d'un héritage passé, plus que nécessaire à toute compression du monde moderne. Il démontre que la postmodernité où l'individu est plus que roi, éternel quémandeur de droits à, annihile toute pensée critique et raisonnable sur le monde.

Pire la postmodernité, sans attaches au passé, aux anciens, à la tradition, ne peut apporter des solutions aux problèmes d'aujourd'hui. Au contraire ses remèdes sont pires que le mal qu’elle est censée combattre.

« Nous autres, modernes » permet donc de comprendre que la modernité ne peut avancer que si elle prend acte des apports de la tradition et non en se coupant de celle-ci.

Pour aller plus loin Pierre Cormary fait une critique intelligente de cet ouvrage majeur.

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07 juin 2009

"La tentation relativiste" de Jacques Rollet

Après avoir assisté à une conférence de Jacques Rollet sur les racines chrétiennes de la laïcité, je me suis procuré son ouvrage sur la tentation relativiste.

Après une première partie complexe, centrée sur les fondements philosophiques et sociologiques du relativisme comme rejeton du positivisme, on entre dans une seconde partie où l'auteur fait une démonstration cohérente du danger relativiste. Celui-ci niant les valeurs inhérentes à toutes sociétés ouvertes, dont la première est la dignité humaine. Une valeur, selon Rollet, issue elle même du Christianisme.

Pour Rollet, si nous sommes bien entendu tous égaux, cela ne veut pas dire que toutes nos opinions se valent.

En bon Catholique, il insiste sur le caractère sacré de la vie humaine, il montre que cette question du relativisme imprègne tous les débats de la société, des communautés revendiquant des "droits à" jusqu'aux questions de bioéthique. Selon lui ne plus hiérarchiser des opinions nous même à renier l'essence même de la personne humaine, c'est à dire sa vie.

Un ouvrage qui mérite d'être lu, même si les critiques sur l'islam comme religion uniquement politisée me semblent plus qu'excessives. Voir le livre de Daniel Pipes sur l'islam radical pour comprendre la différence entre imposer une loi et avoir la Foi.

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25 mai 2009

"L’islam radical à la conquête du monde" de Daniel Pipes

Daniel Pipes est un spécialiste de l’islam. Il a étudié et vécu dans des sociétés islamiques. Il sait donc de quoi il parle.

Dans son livre, l’islam radical à la conquête du monde , il démontre que celui-ci est une excroissance contemporaine de l’islam. Une version politique où la loi est plus importante que la Foi. L’islam radical est plus qu’une simple religion monothéiste née dans le désert arabe.

L’islam traditionnel se veut une foi contraignante pour tout croyant musulman par delà les frontières. L’islam radical, lui, souhaite imposer une loi sur un territoire donné, habité ou non par une majorité de musulmans.

Alors que l’islam souhaite enseigner aux individus comment être plus proche d’une entité supérieur, l’islam radical, lui, fait tout pour créer un nouvel ordre social. Pour ce faire il s’inspire de mouvements politiques occidentaux, tel le fascisme, ou le communisme. Il en est le dangereux héritier.

L’islam traditionnel, celui des mes aïeux, n’a plus le vent en poupe, l’islam radical a lui la côte dans les banlieues des grandes villes occidentales. L’islam traditionnel est le fruit d’une confrontation d’érudits religieux, l’islam radical est le plus souvent le fait de jeunes gens, étudiants en sciences, anciens élèves d’universités occidentales. Ces jeunes gens « oxydentalisés », sans repères, sont en recherche de transcendance, d’un idéal, même si celui-ci est autodestructeur.

Tous ceux qui ont grandit avec ces futurs islamistes l’ont vu, la plupart de ces radicaux n’ont aucune connaissance de la Foi, leur but n’est pas de trouver une Voie personnelle vers l’inexpliqué mais d’imposer une loi contraignante aux autres.

Enfin les musulmans sont les premières victimes des islamistes. Ceux-ci ne souhaitent pas que leurs coreligionnaires entrent dans la modernité. Ils veulent le pouvoir, rien que le pouvoir, tout le pouvoir.

Aussi, l’islam est au cœur d’une bataille. Un bataille pour son âme. Une bataille qui se doit d’être gagnée par les musulmans modérés et les non musulmans alliés contre ce troisième totalitarisme.

Daniel Pipes a raison quand il dit : « L’islam radical est le problème, l’islam modéré est la solution ». Il souhaite juste défendre Massoud contre Ben Laden.

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16 avril 2009

Défense de la Démocratie de Nathan Sharansky

Nathan Sharansky est un "refuzink", soit un dissident juif de l'ex URSS. Il a été emprisonné pour avoir dit ce qu'il pensait à un régime autoritaire.

9782849410356

La Pérestroïka venue, il est libéré et s'envole pour Israël où il effectuera une carrière politique en faveur des droits de l'homme, son cheval de bataille.

C'est de ce thème dont il est question à travers son livre, "Défense de la démocratie". Sharansky est persuadé que la liberté et les droits de l'homme sont universels. Il souhaite à toute personne quel que soit le hasard de sa naissance de vivre libre dans une société ouverte. A cette société libre il oppose les sociétés de la peur, là où il n'est pas permis de crier sur la place publique son mépris du pouvoir en place.

Sharansky démontre que la démocratie ne peut advenir dans une société de la peur et qu'avant d'élire des représentants il est nécessaire de construire une société ouverte, pluraliste où le débat est libre. C'est ce qu'il a tenté de proposer aux dirigeants israéliens et palestiniens durant les années 90, cela malheureusement sans résultat. Car selon l'auteur édifier une société ouverte et libre en Palestine serait promouvoir une paix véritable au Proche Orient. On en est encore très loin...

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30 mars 2009

Lectures en cours

Nous autres, moderne d'Alain Finkielkraut
Défense de la Démocratie de Nathan Sharansky
L'islam radical à la conquête du monde de Daniel Pipes
De l'inconvénient d'être né de Cioran

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20 mars 2009

Fascisme et communisme

Ernst Nolte et François Furet. Le fascisme et le communisme. Une relation épistolaire. Deux pensées en action. Deux visions du monde des idées qui ont façonné le réel du XX siècle.

9782012789715


Pour le premier, le fascisme, particulièrement le national-socialisme, est une réaction à la révolution bolchévique. D'où de 1917 à 1945, une guerre civile en Europe. Pour le second, le fascisme est une révolution à lui tout seul. Il ne s'inscrit pas dans la tradition contre-révolutionnaire. Il souhaite un autre futur possible à l'image de son jumeau le communisme. Sauf que ce dernier part d'un postulat du "bien", apporter l'égalité au monde, quitte à le faire par le sang et le fer.

Fascisme et communisme est donc un petit livre, court, qui en quelques lettres échangées, entre deux grands historiens, apportent aux débats d'idées une réflexion plus qu'intéressante pour comprendre deux mouvements totalitaires et mortifères.

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13 mars 2009

La défaite de la pensée, par Alain Finkielkraut


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Alain Finkielkraut a écrit un ouvrage resté célèbre, "la défaite de la pensée". Un véritable bijoux. Une ode à l'universalisme. Mais pas le niais, celui qui s'appuie sur "tout le monde il est beau il est gentil", non le vigilant, celui qui met au premier plan l'individu et sa liberté.

Finkielkraut analyse en premier lieu comment l'universalisme français des Renan et autre Fustel de Coulanges fait face à la nation allemande. Pour les premiers, votre pays est celui en lequel vous croyez, peu importe si vous y êtes né, vous partagez avec lui une destinée manifeste. Pour les seconds, ce qui compte c'est votre appartenance ethnique, vous êtes citoyen par essence, ici, point de devenir libre.

Finkielkraut déconstruit ensuite le tout culturel et le relativisme ambiant. Ici tout se vaut, donc plus rien n'a de valeur. Comment être ébloui par une oeuvre d'art si le moindre pitre télégénique se prend pour Michel-Ange? Comment sélectionner, hiérarchiser, mettre en avant le sublime et non l'éphémère de la dictature immédiateté?

A-t-on le choix qu'entre le zombie, celui qui ne sait plus distinguer le beau du médiocre, ou le fanatique celui qui ramène tout à son identité? Dernière question à laquelle il faudra bien trouver une réponse…

Pour aller plus loin, Jean Robin consacre un livre à cet auteur important, où la promotion de l'ouvrage est faite par des interviewés de toutes tendances. A voir.

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