jugurta

"On n'habite pas un pays, on habite une langue". Cioran

26 juillet 2009

Bronson

Il est parfois plus intéressant de voir des films, seul. On y entre entièrement. On se laisse porter et prendre. Ce qui n'est pas le cas dans un multiplex. Ici certains rient, d'autres mangent du pop-corn, aussi la concentration sur l'écran est plus difficile.

affiche_bronson


Pour autant je suis sorti intrigué et retourné par ce film étrange qu'est Bronson. Un film esthétique où le seul regret est la puissance sonore de la musique, même si celle-ci se marrie très bien avec l'image projetée.

Bronson est un film sur un détenu où le plus important n'est pas l'histoire, soit un homme violent souhaitant devenir célèbre par la grâce de ses poings. Un film que mes amis ont qualifié de navet et qui pour moi recèle certes quelques longueurs mais se laisse apprécier pour ses mouvements de caméra, ses cadrages réussis, et le jeu remarquable de l'acteur principal.

Il est certain que si je l'avais vu seul ce film m'aurait emporté, mais il m'a déjà touché, et c'est là l'essentiel...

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12 juillet 2009

Nous autres, modernes d'Alain Finkielkraut

Dernier livre lu dans l'avion, "Nous autres, modernes" d'Alain Finkielkraut. Un essai regroupant quatre leçons sur la modernité : d'où nous vient cette idée, qu'est-elle devenue, quels atours revêt-t-elle aujourd'hui?

Comme souvent avec Finkie, c'est magistralement écrit, argumenté, et convaincant. Ces leçons ouvrent des perspectives nouvelles et comme tout bon essai il donne à comprendre une notion, un concept mais permet aussi d'aller plus loin, de vouloir enrichir une réflexion par définition jamais arrêtée.

Des origines de la modernité, située à la renaissance, à notre postmodernité, Finkie en "mécontemporain", explique entre autre, que s'affranchir de toute tradition c'est se couper d'un héritage passé, plus que nécessaire à toute compression du monde moderne. Il démontre que la postmodernité où l'individu est plus que roi, éternel quémandeur de droits à, annihile toute pensée critique et raisonnable sur le monde.

Pire la postmodernité, sans attaches au passé, aux anciens, à la tradition, ne peut apporter des solutions aux problèmes d'aujourd'hui. Au contraire ses remèdes sont pires que le mal qu’elle est censée combattre.

« Nous autres, modernes » permet donc de comprendre que la modernité ne peut avancer que si elle prend acte des apports de la tradition et non en se coupant de celle-ci.

Pour aller plus loin Pierre Cormary fait une critique intelligente de cet ouvrage majeur.

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