07 janvier 2009
Amende Honorable par Julien Capron
Roman sur la justice, sur la politique, sur le
diptyque liberté/sécurité, Amende Honorable est d’une actualité brûlante.
Durant 660 pages c’est la mise en perspective d’une société de la peur qui est
ainsi mis en exergue.
Amende Honorable est une uchronie qui flirte avec
le genre connu de l’anticipation. Soit le récit d'un hypothétique futur
éclairant notre présent. Un roman total, à l’écriture brillante, où une
foultitude de personnages s'entrecroisent dans un destin scellé par l'histoire tragique. Celle d'une République sortie exsangue d'une guerre civile, d'une dictature mystique pour finir avec la
Guerres des Libérations.
Amende Honorable c’est ce genre de roman exigeant
et composé de pages sublimes et féroces. Sublimes, sur l’amour, le désir, la
perte de valeurs, la vengeance. Féroces sur la politique politicienne, le monde médiatique, le terrorisme, la justice.
Chaque chapitre est une nouvelle à lui tout seul
avec ses personnages propres, sans lesquels le récit ne pourrait pas prendre
corps. Un chapitre, un personnage premier, une situation précise, un style affuté, une écriture limpide. Avec ce schéma Julien Capron construit
méthodiquement un univers que l’on ne souhaite pas quitter la dernière page
fermée.
Un roman où chaque personnage affublé d’un patronyme
désuet pourrait être un proche, un intime. On s’attache à Isilde, à
Basile, à Anselme, à Eyquem, et tous les autres se démenant dans une société de
la peur. Celle de la terreur absurde et aveugle, dont le but premier est
d’annihiler la liberté.
Amende Honorable par son titre même nous renvoie à la justice. Où s'arrête-t-elle? Est-elle cette violence légale de
l'Etat omnipotent? Qu'est ce qu'une société terrorisée? Comment être libre sans un minimum de sécurité?
Les américains comme souvent ont trouvé une formule définitive : " Freedom
is not free !"
Ps : pour une critique littéraire au scalpel, lire celle du Stalker, l'un des rares à ma connaissance à avoir consacré des lignes à ce premier roman de Julien Capron.
04 janvier 2009
Mesrine 1 et 2
Vu dernièrement les deux films sur Mesrine. L'instinct de mort et L'ennemi public numéro 1.
Autant le premier volet donne à comprendre la genèse du criminel. Autant le second accumule les scènes de hold-up et de courses poursuites. Un brin lassant. Le tout en s'efforçant de créer un personnage pseudo révolutionnaire. Un nouveau Che prêt pour les brigades rouges? Peut être pour concurrencer le dernier film de Soderbergh...A voir si on s'ennuie...

