jugurta

"On n'habite pas un pays, on habite une langue". Cioran

16 septembre 2008

Instruction et éducation


ecole


L’école est selon moi un temple voire un sanctuaire où l’on transmet un savoir, un héritage. Ceci afin d’élever, dans le sens de se tenir debout, la génération qui va nous succéder. C’est un travail de long haleine. Peut être l’un des plus beaux qui soient, mais aussi l’un des plus importants, d’où l’impérieuse responsabilité qui en découle.


L’instruction, à ne pas confondre avec l’éducation, se doit d’être le fruit d’instituteurs, de professeurs et non pas d’éducateurs. Transmettre des connaissances pour élever un enfant ce n’est pas lui apprendre le sens du bien et du mal. Cela doit être laissé à la famille qui, elle, éduque, civilise, lègue une morale. L’école, pour sa part, complète cette première approche éducative, et instruit un enfant pour en faire un homme ou une femme responsable devant les autres, la collectivité. Ainsi se construit une société civilisée, c'est-à-dire une société qui se doit de régler les conflits sans violence.


L’éducation familiale et l’instruction d’un savoir peuvent modeler un esprit critique pour qu’il tende vers la vérité par le biais du doute méthodique. Mais seulement si un socle de connaissances solides transmis par des professeurs exigeants et bien formés, permet à cet esprit en devenir d’appréhender le monde qui l’entoure avec sérénité. Le but de tout homme n’est-il pas de tendre vers la sagesse ? C'est-à-dire savoir ce qui a de l’importance et ce qui n’en a pas. Faire également la part entre le nécessaire et le superflu dans sa propre existence.


Si comme le disait Victor Hugo, « une école qui s’ouvre c’est une prison qui se ferme », alors « le paquet » si je peux m’exprimer ainsi devrait être mis en faveur des institutions scolaires. Ceci afin d’éviter à tout homme ou femme l’enfer de l’incarcération, symptômatique d’une société qui a échoué.


Or il apparaît malheureusement que ce n’est pas simplement une question de moyens financiers. Même s’il est difficile de comparer des sociétés aussi disparates que la scandinave et la française, on voit bien que ces pays nordiques ont des résultats bien meilleurs que ceux de notre pays avec de moindres moyens.


Pour finir, est-ce que notre école, aujourd’hui comme hier, lieu de tous les débats et des querelles idéologiques, réalise toujours ses missions ou bien est-elle entrée dans une crise profonde? Une réponse lapidaire par l’affirmative ou la négative, à cette question ne ferait qu’abaisser le débat sur un sujet qui mérite autre chose que des accusations péremptoires envers l’un ou l’autre camp.


Que le niveau des élèves baisse, je pense ici, à l’orthographe, le fait d’écrire droit, est aujourd’hui difficile à nier. Moi-même, je me fais, chaque jour violence pour arriver à écrire sans fautes et dans un français correct digne de ce que mes professeurs m’ont appris.


L’écriture et la lecture sont tombées en désuétude. Alors même que par le biais du courriel l’écrit est une sorte d’image que l’on renvoie de soi à son lecteur. Si celle-ci est truffée de fautes vous n’êtes plus crédible devant votre interlocuteur. Le pire n’est pas de faire des erreurs, même les plus grands esprits ont dû en faire, mais le fait de ne pas les corriger.


Si l’on accepte qu’un quart d’élèves entrant en sixième aient des difficultés à écrire et à lire sans rien faire alors l’école a failli à l’une de ses premières missions : instruire un enfant pour lui donner les armes capables de le faire affronter le monde extérieur. C’est quand on a un vocabulaire riche, une écriture lisible, une capacité à lire et comprendre un point de vue différent, que l’on est armé face aux autres.


La question est de savoir comment faire s’élever des enfants vers un ailleurs fait de curiosité, d’esprit critique, pour qu’ils aient soif de connaissances et de savoir ? Pour ma part, seules les connaissances de base, celles qui demandent un effort, doivent constituer en premier lieu les fondations sur lesquelles repose un édifice sans cesse en construction. Les connaissances de base, ce sont les grandes lignes, les cadres que le professeur fixe. Par exemple en Histoire savoir se repérer dans le temps, connaître les grandes périodes de cette science humaine et le pourquoi de ses dates clefs qui dressent des premières pistes de réflexion.


Or il m’est apparu, quand après la fac je suis devenu prof de cours particuliers, que c’est l’inverse aujourd’hui qui est enseigné. De ce que j’ai vu sur les cahiers d’élèves, dont j’ai eu la charge, c’est la part belle faite aux documents dans l’enseignement de l’Histoire. Je ne crois pas que l’on puisse apprendre à travers des exemples mais plutôt en détenant le savoir et en le transmettant. On ne met pas des fenêtres à une maison sans avoir au préalable fait le coffrage des murs porteurs. On ne peut faire un commentaire de l’architecture d’une église ou d’une mosquée sans connaître au préalable un minimum d’informations sur la religion chrétienne ou musulmane. Partir donc du général pour aller au particulier, et non l’inverse.


Faire descendre le savoir de l’estrade du professeur à la table de l’élève pour le tirer vers le haut tout en lui expliquant que le savoir est effort. Et c’est justement parce qu’il y a effort que le plaisir de la compréhension est encore plus appréciable. C’est parce qu’il s’est entraîné des heures, des jours, des semaines, des mois, des années que le champion olympique est si heureux quand il grimpe sur la plus haute marche du podium.


Bien entendu tout cela est plus facile à dire ou à écrire, bien caché derrière son écran TFT que devant une classe de trente élèves. Des élèves d’origines disparates, dont certains parlent à peine le français et dont les parents sont écrasés par le travail. Alors ces parents, pour avoir le calme mérité d’une fin de journée éreintante, laissent leur enfant s’éduquer seul devant sa télé ou sa console de jeu.


Aussi, toutes ces questions sur l’éducation et l’instruction ne se règleront pas à coup de milliards d’euros du contribuable ou par des grandes phrases sorties de la bouche d’éminents philosophes, mais par la société tout entière, quand elle décidera de mettre au centre de son devenir, l’effort par l’instruction, le tâtonnement, l’erreur, pour arpenter ce chemin si difficile, et sinueux du temps long. Or, l’une des principales difficultés aujourd’hui est cette ode faite au zapping et à l’éphémère, une ode in fine  à la facilité.

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06 septembre 2008

The Dark Knight

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Le dernier Batman, second volet d'une trilogie qui narre la genèse du héros masqué à pris corps devant moi sur grand écran.

Un film où j'ai eu plaisir à redécouvrir un acteur, Christian Bale, que j'ai apprécié pour ses rôles dans American Psycho, Equilibrium ou encore The Machinist.

The Dark Knight est un film efficace où l'on s'ennuie peu, un bon divertissement en somme.

Mais un film aussi, parfois sombre, parfois drôle, parfois mièvre, qui n'arrive pas selon moi à se terminer, sa fin se faisant terriblement attendre.

Posté par jugurta à 13:43 - Films vus - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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