jugurta

"On n'habite pas un pays, on habite une langue". Cioran

08 février 2006

Deux euros: le prix de la liberté ?

La liberté d'expression a un prix, deux euros. Deux euros pour acquérir le magazine satirique Charlie Hebdo. Deux euros c'est pas cher payé, le prix d'un petit noir dans beaucoup de bistrots parisiens tenus, à mon grand étonnement de provincial, souvent par des kabyles.

Cela faisait des années que je n'avais plus acheté cet hebdomadaire, qui avait façonné mes mercredi de lycéen et d'étudiant. A l'époque une pièce de dix francs suffisait. L' euro est passé par-là, et dans le Relais à Magenta ce matin mon passé a refait surface.

Toute cette histoire m'a rappelé un dessin que j'avais fait à une amie musulmane, (il faut bien l'avouer dans l'intention de la mettre dans mon lit, mais avec les musulmanes faut toujours compter sur les frangins, avec les Savoyardes aussi en fait) où j'avais dessiné un barbu du FIS avec une djellaba à fleur suivit de la mention "fis and love", pour illustrer la guerre civile qui faisait rage dans mon pays de naissance. Et au moment de signer j’avais eu un moment d’hésitation que les caricaturistes danois ont dû ressentir.

Aujourd'hui se promener avec la caricature de Mahomet sous le bras m'a fait une drôle d'impression. Je dois bien avouer que les paroles d'un collègue à la pause déjeuner ne m'ont pas rassuré sur l'état de notre "démocratie": " attention tu risques de te faire tabasser par un intégriste si on te voit avec le Charlie".

Bref, tout cela pour illustrer l'assertion de l'écrivain Maurice Dantec: "nous sommes tous des caricaturistes danois".


Sur un air de Tristan Edern Vacquette  : Manifeste

 

Posté par jugurta à 13:28 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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